« Livre, violon, musique »  aquarelle de  Joaquin Morales Palomino©




Bonheur


Je t’écoute jouer du violon
Pendant que je lis cet écrit
Mon amour
Comme je t’aime en cet instant !

Tu es ma plénitude
Tu es tous les hommes en un seul
Dans ce qu’ils ont de plus beau
De meilleur

La Beauté dont tu es paré
Illumine mes jours et mes nuits
Douce musique de l’âme
En sons vibrato

Lorsque mon corps se tend
Comme les cordes de ton violon
Que tu y joues de tes doigts
De tes bras, de tes lèvres
Le plus beau concerto
Et que la musique de nos corps
En un même accord
S’élève dans l’alcôve 
De nos tendres amours
Jusqu’au parachèvement
Jusqu’à crier grâce
Jusqu’à l’indicible
Jusqu’au silence
Je t’aime !

Allons mon amour
Dépose ton violon
Sur la table je laisse mon livre
Allons jouer notre musique d’amour
Allons nous aimer toute le nuit
Viens mon bonheur !
Viens !

Et que recommence la vie
Aux origines du temps !


Ode©
11 janvier 2004




Vibrato du souvenir



Au livre ouvert de la tendresse
Comme échappé d’un souvenir
Me parvient la douce caresse
De l’archet frôlant un languir


Tendu sur la plainte légère
A peine audible dans le soir
Le vibrato se fait plus clair
Aux violons de la mémoire


Un petit air presque une danse
Je l’entends si bien maintenant
Il s’élève dans le silence
M’invite à la fugue du temps


Voyage au passé singulier
Où nous avons été heureux
Quand le violoniste jouait
Pour de si gentils amoureux


Au livre ouvert de nos vies
L’accord parfait s’est déchiré
S’est brisée la douce harmonie
Et la partition égarée


Que reste-t-il de ce passé
Hors quelques notes en délire
La Symphonie inachevée
Toute une portée de soupirs


Quand l’épine blesse à la rose
Et que la musique se tait
Le bonheur lors fait une pause
Met un bémol à son archet


Là sur la feuille déposée
Souffle un sinistre vent d’automne
Le violon est abandonné
Les pages de l’histoire frissonnent


Seule la mémoire encor fredonne 
Cette mesure d’un air d’antan
Et dans mon cœur toujours résonne
La chanson triste des vieux amants


Régine Foucault©
12 janvier 2004




Silence symphonique


Dans la pièce de nos instants partagés,
J'entends encor les paroles enjouées,
Précédent les envolées "pauses violons",
Où tu vivais des notes avec application

Je voyais de bien belles histoires,
Sortir des partitions de Mozart,
J'entendais ton archer murmurer,
Mots du cœur, tes sentiments secrets

Ton art avait fi du mur délavé, 
Comme si le temps ne comptait,
Les coupeurs d'horizons disparaître,
Je sentais, petit à petit étoiles apparaître

Puis un jour tu es partie,
Aussi fugace qu'un rayon,
Une éternité de la vie,
Où perdure ta passion

A mes sens, dans la pièce
Où le violon repose sur le livre ouvert,
Les partitions, l'archer en liesse,
Au sein du silence tamisé,
La symphonie de tes vers,
Continuent de jouer...

Pascal Lamachère©
13 janvier 2004




IMPROMPTU AMOUREUX


Fin de semaine, comme d'habitude,
Il était venu ce soir-là.
Bon professeur, dur à l'étude,
Diapason réglé comme un "La".

Claire était follement amoureuse
De son maître, premier violon.
Elle écrivit sa vie heureuse:
"Journal intime de Cendrillon".

En prenant le bras de la belle,
Pour donner bonne position,
Il vit les pages de la "Nouvelle",
Abandonna la partition.

La lecture les a rendu ivres,
L'amour est sulfureux poison,
Mais sans passion on ne peut vivre,
Le cœur en cache la raison.

Au matin , Claire s'est endormie.
Après une danse de chaconne,
Ombre d'amour évanouie,
Méphistophélès en personne !

Plus tard, à la fin de sa vie,
Après les joies, malgré les larmes,
Claire vibre encore de cette envie
Qui la fit tomber sous le charme !

Pierfetz© 
janvier 2004




Un violoniste sur son toit


Vous dormiez Madame..
Écoutez, le violon glisse sans corde 
Madame !


Sur la trame des jours
Il joue l’Olympe
Orphée au bal des premiers amours
Il chante le sort des saisons 

Et sur la portée sans notes
Ivre et fier 
Dansent en arpèges les féeries de vos rêves
Tenez !
Le voilà
Jouant sur les cordes d’une étoile filante
Et dans la chorée 
Rhapsodier avec la plume des mères 
Des notes infinies sur le libretto de la voie lactée…

Vous dormiez
Emportée dans votre blanc drap d’étoiles
Par des saltimbanques de nuages 
Jusqu’aux orchestres élégiaques
Qui interprétaient aux portes de l’Élysée 
En mousse d’aurore 
Les caresses enivrantes que je vous dédiais…

Oh ! violon des brumes 
Languissants sur douleurs du désir,
Des nuits orchestrales, 
Oh ! violon encordé dans des ciels d’aurores 
Laisse à mon cœur tendre l’archet
Goutter ensemble avec l’infini 
Qui pleure de tous ses accents 
De tant nous attendre...

Vous dormiez Madame… 
Sur la table était le libretto de nos amours
Et quelques part dans nos rêves 
Un violon 
Nous rappelait à nous même 
Au milieu de nos jours…
Vous, immense dans le ciel
Océan d’étoiles lactées
Et moi pirate des âges 
Et anciens des voyageurs
Qui toujours a été de vos rêves…

Une corde 
L’axe d’un univers.
Un archet qui tremble
Et la vie 
Qui inscrit sur la portée 
Les accents de nos amours…

Dormez, Madame 
Le ciel est vos atours
Et le violon qui pleure
Au milieu des gouffres
Porte nos amours…

Yves Drolet©
17 janvier 2004




Le Violon


Le violon fait rêver de nuits enchanteresses,
Il chante ses sanglots, ses rires, ses tendresses,
J’aime ses douces voix, liquides trémolos,
Ainsi que ses brios et ses pizzicatos.


D’un côté Menuhin, de l’autre les Tsiganes,
Qui font taper mes pieds aux danses des gitanes,
Mais c’est Paganini qui fait vibrer les cœurs,
Avec ses furiosos et ses solos moqueurs.


J’aime Jascha Heifetz, ses cordes romantiques,
Son archet fait pousser des soupirs extatiques,
Il plonge nos esprits dans un calme divin,
Qui nous fait oublier nos moments de chagrin.


Même les hillbillys font de belles gavottes,
Avec leurs violons et leurs stridentes notes,
N’oublions pas, aussi, Stéphane Grapelli,
Ce grand joueur de jazz, qui l’a tant enrichi.


Souvent, le soir venu, quand revient le silence,
Je rejoins mon studio, pour fuir la violence,
Que nous sert la télé, la radio, les journaux ;
J’écoute les violons pour calmer tous mes maux.


Le violon a le don, avec ses doux murmures,
De chasser de nos cœurs les terribles lémures,
Qui hantent nos esprits des faits de chaque jour,
Pour remplacer la peur, par la paix et l’amour.


Christian Cally©
19 Janvier 2004









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