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Introspection
musicale
Une blanche, une noire, demi-croche
Reposent sur le papier, des mélodies
À coup de sol, de ré, de fa et de mi,
La mémoire de l'air va sortir des poches
Du silence. Le musicien de son monde
S'imprègne, il fait le vide, puise
Dans la solitude, la force des rondes.
Concentré, il s'apprête à griser l'assise,
Au rythme de ses bonds. Il fera jaillir
Mots de son instrument, comme peintre au pinceau
Sur sa toile, un oiseau qui use de ses cordes
Pour les cuis cuis, orchestrés avec un sourire
D'âme, une puissance abyssale de ces eaux
Sous jacentes qui s'écument pour délivrer ode...
Le musicien se sonde, lit sa partition
En faisant le vide, avant, de toute passion
D'univers, les sons lumineux faire déferler,
Dans l'espace, couleurs faire naître, briser...
Une noire, une blanche, triples croches
S'animent, sont aspirées, s'accrochent
Sous les doigts du musicien... il inspire
Ses heures, les saisons, les peines et les joies...
L'histoire d'un instant qui meurt, il expire...
Dans l'obscurité de sa pièce chimérique,
Do, si, la, do, il se balade sur les lois,
Lignes qui avivent l'émoi réel, musique
Des rêves, des déchirements, bouillon explosif,
Un mélange inextricable imprégné du tout,
Des paradoxes qui s'échouent sur les récifs,
S'offrent à la vie, au goût du brut, de ces grands
fous
Qui n'ont besoin de lumière, qui savent le silence,
Les prémices, et les chants d'air, les mains en
puissances...
Pascal Lamachère©
26/10/2003 |