« On ne sort pas aujourd'hui » de Sophie Anderson




Petite fille



Derrière la vitre au temps qui passe
Depuis la rue je me regarde
Ma joue contre la vitre embrasse
Un lointain passé qui m’écharde


Dans l’eau profonde de mes yeux
Au-delà des voiles du temps
Reviennent les saisons des jeux
Et tous les souvenirs d’antan

Sur ce visage au froid vitrage
Je cherche mon sourire d’enfance
Ma vie défile en balayage
Comme une interminable errance

Le long de la ride légère
De cette larme à l’infini
Qui strie ma joue d’un trait plus clair
Il y a ce visage poli

D’une jolie petite fille
Qui sautait dans les flaques d’eau
Et qui berçait sous les charmilles
Sa poupée dormant au berceau

Ou qui jouait à la dînette
Faisant la grande demoiselle
Recevant et tenant causette
Argenterie jolie vaisselle

Je me revois petite fille
Avec mon cœur si plein de rêves
Espérances de pacotille
Quand le temps d’enfance s’achève

Pourtant je sens toujours en moi
Éclore ce petit sourire
Chamade d’un cœur en émoi
Et grands éclats de rire

Derrière la vitre au temps qui passe
Depuis la rue je me regarde
Il fait si froid dans cette impasse
Petite fille baisse ta garde…


A pieds joints sautons dans les flaques
De toutes les eaux de mon cœur
Avant que tout ne soit opaque
Cette fenêtre n’est qu’un leurre

Traverse ce carreau de verre
C’est la folle croisée du temps
Et qu’enfin la vie nous libère
De ses tristes envoûtements

Ensemble alors nous parviendrons
A reprendre où avons laissé
Nos rêves et nos illusions
Petite fille retrouvée

Régine Foucault©
21 novembre 2003




Les enfants s'ennuient le dimanche
Le dimanche, les enfants s'ennuient




« Pourquoi me mettre si belle
Si on ne sort pas aujourd'hui
Il fait soleil sur les mirabelles
Le dimanche, moi je m'ennuie »



Je me souviens de la petite enfant à la fenêtre, des longs dimanches où l'on comptait les secondes, où il ne fallait surtout pas jouer dehors pour ne pas salir ses vêtements.
 Que je détestais les dimanches !

J'aimais tant jouer dans le sable, bâtir des châteaux, casser des roches avec un marteau, je les faisais briller au soleil, précieux trésors... 
Je n'y avais pas droit ces jours-là...

Pourquoi maman prenait des heures à me coiffer, à m'habiller, à me parer pour que je passe cette journée à traîner mon ennui ? Et ces odeurs de cuisine du dimanche que je ne pouvais supporter...


« Les enfants s'ennuient le dimanche
Le dimanche, les enfants s'ennuient »


Et pourtant, je me souviens de ces jours-là avec nostalgie. Maman était si belle avec son grand chapeau de paille à fleurs, enveloppée dans sa robe de tulle et ses beaux souliers verts à talons. Elle était la plus belle, elle était ma reine. Elle était seule. Elle n'avait que nous ses enfants. Papa était parti pour un monde meilleur, je ne l'ai pas connu, j'étais un bébé lorsque c'est arrivé. 

Aujourd'hui, tout cela n'est que souvenir, maman est partie aussi... 
Pour me rappeler ces moments heureux, 
ne me reste que des photos jaunies. 


« Les enfants s'ennuient le dimanche
Le dimanche, les enfants s'ennuient »



Ode©
21 novembre 2003




Que vas-tu pouvoir bien faire comme sottises par ce matin de pluie Sophie ?
Les malheurs de Sophie - La Comtesse de Ségur -


QUE ce temps est brumeux ma petite maman,
VAS - donc te reposer sur le canapé rose.
TU me parais si lasse et ton teint si morose !
POUVOIR compter sur moi est un soulagement !

BIEN !. Je suis enfin seule en ce grand logement :
FAIRE d'abord tomber l'entremet qui repose
COMME si le chaton en est l'unique cause
SOTTISES accomplies, j'irai voir la jument.

PAR la porte béante, elle pourra se plaire
CE poivre fera bien dans le tabac que père,
MATIN et soir parfois, prend pour son agrément

DE la fenêtre ouverte, en haut, chez ma grand - mère,
PLUIE et vent glacé rentreront aisément 
SOPHIE, tu es douée ! Tout est trépignement !

Robert Bonnefoy©
22 novembre 2003




La Triste Fillette


Oh, mon Dieu qu’elle est triste, avec ce beau visage,
Pour la dernière fois, avant son grand voyage,
Cette petite fille admire son jardin,
Qu’elle devra quitter, pour un pays lointain.


Ses deux parents sont morts, la petite orpheline,
Ira s’expatrier chez sa tante Pauline,
Pour la dernière fois à travers ces carreaux,
Elle fait ses adieux à ses biens familiaux.


Elle aime son jardin, elle aime sa demeure,
Elle doit tout quitter, dans une demi-heure,
Mais elle veut garder dans son cœur ces instants,
Avant de tout quitter pour des futurs latents.

**********

C’est soixante ans plus tard, depuis ce jour tragique,
La vieille dame est là, son cœur mélancolique,
Elle voit la fillette à travers le vitrage,
Une petite larme, échoit sur son visage.


C
hristian Cally©
23 Novembre 2003




La Petite Marie



Me promenant dans la campagne,
Admirant dame nature et tous ses charmes,
Écoutant les oiseaux chanter de mille voix,
Un magnifique concerto me mit en émoi.

Du ciel bleu imprégné de nuages blancs
Émergeaient des formes se régénérant…
Les fleurs sauvages dégageaient leur douce odeur
Embaumant la nature d'innombrables senteurs.

Un léger vent faisait trembler les feuilles doucement
Que le soleil illuminait de rayons pénétrants.
Une petite rivière sinueuse aux reflets d'argent
Donnait à cet endroit une allure de fresque d'antan.

Tout en cheminant à travers ce magnifique paysage
Je fus attiré par des pleurs d'enfant en bas âge.
Au pied d'une petite chapelle entourée de taillis
Une fillette au visage d'ange avait le cœur meurtri.

Dans sa robe blanche ravissante à souhait,
La petite aux longs cheveux d'or pleurait
Ses yeux rougis étaient baignés de larmes
Qui glissaient sur sa frimousse pleine de charme

Je ne voulus pas la perturber
Mais peut-on laisser un enfant si attristé ?
Je m'assis à ses côtés la saluant avec compassion
Elle répondit gentiment à mon salut avec discrétion

Je ne pus m'empêcher doucement de la questionner
Sur son nom, sa tristesse, pour la réconforter
Elle releva la tête toute étonnée de mes questions
Retenant ses sanglots, surprise de mon indiscrétion. 

Elle se mit à parler et à raconter son jeune passé
Me dit s'appeler Marie et demeurait au village d’à côté
J'osais lui demander ‘’pourquoi tant de tristesse Marie’’ ?
’’Mes parents sont morts, c’est pour eux que je prie’’.

Un long silence pesant suivit, ne sachant quoi répondre
Je comprenais sa douleur, l'émotion d’un cœur sombre
Je lui dis « tes parents ne reviendront jamais ».
Plus tard tu pourras les rejoindre et être à leurs côtés.

Du haut du ciel ils veillent sur toi mon enfant
Ils seront toujours auprès de toi lui dis-je calmement
Tu dois tout faire pour te montrer digne d'eux
Crois-moi cela les rendrait si heureux.

Marie me regarda et m'embrassa sur la joue tendrement
Comme si tout d'un coup une lumière était apparue inopinément
De son visage désolé le chagrin disparu soudainement
L'espoir renaissant de les revoir plus tard dans le temps

Heureux de ce dénouement et d'avoir calmé cette enfant
Je l’avoue j’étais fier. Je l’ai quittée la saluant gentiment.
Ne laissons jamais un enfant dans la peine et le malheur
Essayons de les aimer et de leur donner du bonheur.


J
acques Dognez©
05/12/1999




LA PETITE FILLE MODÈLE


Jour de soleil ou jour de pluie,
A l'avance on l'a transformée,
En princesse, comme grande fille,
Prison dorée, prison fermée. 

On l'a dit bien calme et tranquille,
"C'est une enfant bien élevée"!!!
Isolée et seule dans son île,
De ses amis bien préservée. 

Une Joconde sans sourire,
Les grands trouvent cela parfait.
L'enfant pourtant préfère rire,
L'amusement est son bienfait.

Elle rêve déjà d'être libre
Loin de ces grands palais d'été.
Aux pays lointains pense à vivre
Et reprendre sa liberté.

Qu'ils sont tristes tous ces dimanches
Costumés en bonne société.
Je préfèrerais "faire la manche"
Pour acheter ma liberté !

Quand je regarde les nuages
Pleurer des perles sur ma vitre,
Je pense à ces oiseaux en cage,
À la perle enfermée dans l'huître ! 


Pierfetz © 
2003
 

  




La petite fille à la fenêtre

« On ne sort pas aujourd'hui ! »,
Ses parents le lui ont dit.
« Règne le danger sur le parvis...»
Mais rêver ne lui est proscrit

À la fenêtre petite fille
A les yeux qui brillent,
Le songe en passe temps,
C'était un autre temps

Dans sa cage rustique,
Dans ses habits de velours,
Armure en tissus lourds,
Son coeur est en supplique

Elle voudrait pouvoir sortir,
Vivre, voler, se faire des amis,
Jouer en bonne compagnie,
Des cieux à la terre sourire

C'était un autre temps,
La marelle à l'école seulement,
Obéissant à la volonté des parents,
Les mains frêles contre désir puissant

Collée au rideau, fardée d'apparats
Qui ne lui correspondent pas,
Petite fille obéissante regarde ailleurs,
Là où l'amour mène, pousse les fleurs

Le vert est son espoir, le rouge sa passion
Qui somnole, bouillonne au petit jour,
Qui sait en elle tous les beaux atours,
Les détours sur la lune de son imagination ?

Petite fille est là, « perdue » en oraison,
Elle ne le pense pas en corps,
Mais son prince l'attend dehors
La fenêtre à son âme est prison...

Pascal Lamachère©
29 novembre 2003



 






~~~ Retour à la page d'accueil ~~~

~~ Retour à la page des Présentations ~~

~~~ Retour à Inspirations 2003 ~~~

~~~~ Inspirations 2004, partie 1 ~~~~