Sur cette oeuvre « L'Instant qui chante » de Arlette Paradis©
Des poètes du cercle s'en sont inspirés

 

 





La maison de rêve



J'avais construit une maison
Sur les plaines du souvenir
Le vent du temps en oraison
Exacerbait tous mes délires

Elle découpait sur l'horizon
Son beau dessin mélancolique
J'y abritais mes déraisons
Et mes amours chimériques

J'avais construit cette maison
Pour y faire respirer mes rêves
Et peu importait la saison
Sous l'écorce je savais la sève

J'avais placé sur ma palette
Les couleurs fortes de l'été
Elles brillaient comme paillettes
Dans mon univers dévasté

Ces quatre murs je le sais bien
N'étaient ni de bois ni de pierre
Juste de rêve juste de rien
Seulement peut-être un courant d'air

Qui se faufile aux jours mauvais
Et remet un peu de printemps
Au plus profond au plus secret
Du grand silence assourdissant

D'un cœur adolescent

Régine Foucault©
5 novembre 2003




Ma maison de chiffon



Dans mon rêve
J'ai vu des vagues turquoise 
Aux blanches écumes
Ainsi un soleil de plomb

Là, au bord de la falaise
Une maison de chiffon
Pour amours de coton
Qui battent aux forts vents
Sur la corde raide du temps

La mer est là à ses pieds
Assise sur les galets
J'admire les poissons voler
Les oiseaux à la dérive flotter

Ma maison de chiffon
Pour amours de coton
Où nagent les oiseaux
Au fil de soie de l'eau 

Je mets mes pieds nus dans le sable
Les recouvre, j'en fais un château 
Je plonge dans mes rêveries 
Dans tes eaux bleues aussi 

Ma maison de chiffon
Pour amours de coton
Où volent les poissons
Au fil ouaté des nuages

Je regarde mes falaises
Embrumées de vapeur
J'embarque sur un voilier
Pour y rêver à mon aise

Pays-magie, voyage, rêveries
Et mon château de cartes
Emporté par le grand vent

Ne me reste que ma maison 
Ma maison de chiffon

Mes amours sont usées, 
Troué le coton
Amours en haillons

Mais au bord de ma falaise
Je respire à mon aise
Et tout est encor si beau
Au fil de soie de l'eau !



Ode©
5 novembre 2003




L'instant qui chante 



L'instant qui chante
les mots d'autrefois
l'instant qui se lève
Ce pays aux abois...

Écoute
l'oiseau rêve
il a fermé ses yeux 
et au ciel ses ailes se déploient
sur la brise d'un souvenir...

C'était le vent
qui venait d'entre les mondes
le nuage pale d'infini 
le portait loin des rives
il n'y avait que des soleils ivres..

Écoute , 
il chante l'instant..

C'était...
la fleur de neige 
qui mourait dans mes mains
assailli des chaleurs naissantes
de la sève qui me réveillait ce matin-là

Laisse le fuir au loin
le chant 
qui se lève ,
dans le rêve de l'oiseau,
des sèves naissantes 
dans le printemps d'un sourire...
l'enfant qui chante 
au loin comme l'écho,
la fleur qui virevolte et danse dans mon âme si haut 

Laisse l'oiseau chanter l'instant
il est celui 
qui comme lui naît à chaque matin 
des flammes du jour
laisse mon âme glisser sur les feuilles mortes
qui planent vers leurs derniers séjours.

Laisse chanter l'instant
la fleur de mai,
la rose d'ébène,
l'oiseau qui y a fait son nid
l'écho lointain de l'enfant qui rie

Laisse, mon âme
et goûte la mélodie....

yves drolet©
05/11/2003 




Fils des instants chanteurs



C'est la fin de l'été, moisson chantonne l'air,
Les couleurs mordorées ont laissé sur les herbes
Trace du sceau d'airain, du feu parfois acerbe
De la fleur au chemin, tant elle a mise à l'envers

Retourné aux nuages, le temps laisse songeur.
Non loin de la chaumière le bosquet à l'instant
Danse, enlace le vent, parfois crapahuteur.
Le baume se déclame aux teintes des relents

Paysage gravé de demeures paisibles
Engrange souvenirs, joie au coeur bondissant.
Peuplent et dépeuplent aux grés, les mûrs aimants,
Les nuances rythment le chant du champ en cible

Non loin de la forêt, moisson épanche l'air,
Se faufile entre les épis rires de nous enfants.
L'atmosphère est grisante, elle imbibe la terre,
Y restent étoiles pour conter nos élans...

C'est la fin de l'été, mais les saisons s'enfilent,
Les années sont passées, mais seuls, tous ces instants
Ne prennent de valeur, sans renaître au moment;
Magie qui est à fleur de frisson, vibre au mille...


Pascal Lamachère©
6 novembre 2003




HAVRE DE PAIX


Lorsqu'elle m'est apparue,
Au détour d'un chemin,
Je ne l'ai pas perçue
Parfumée de jasmin.


La lande était partout couverte
De genêts, de bruyères, de fleurs;
La ferme s'y cachait discrète
dans un environnement trompeur.


C'est par simple curiosité
Que j'ai franchi un jour la porte
De ce havre peu visité,
Défiant le temps comme une eau-forte. 


Derrière les herbes et les taillis,
J'ai découvert ce lieu secret,
Rencontré un couple d'amis,
Tablée d'accueil, fleurs en bouquets. 


Le bonheur est souvent caché,
Chez nos amis de la campagne;
On y trouve, sans l'avoir cherché,
Un accueil cordial qui nous gagne.


Perdue au loin dans la montagne,
j'étais à mille lieues de penser
Que cette vie en pleine campagne
Pourrait me faire tant rêver.


Si un tel endroit vous enchante,
Arrêtez-vous près des chevaux,
Ecoutez pépier les oiseaux,
Vous goûterez l'instant qui chante. 


Pierfetz
© 2003




L' instant qui chante



C'est le rêve qui s'enfuit
à l'aube sous la pluie
c'est l'automne qui est parti
dans un novembre tout gris


C'est le souvenir qui frissonne
dans la morsure du trépas
c'est le : Ha !
que l'hiver sera long et morne !


Ce sont les pas qui crissent
comme le traîneau sur la glace
ce sont les enfants qui crispent
en attendant que le bus les ramasse


C'est ce matin 
qui se lève sur un jour de rien
c'est ce café velouté
pour se réconforter.


C'est ce déjeuner sans appétit
qui se prolonge jusqu'à midi
Ah ! mais que passe cet aujourd'hui
que je retourne dans mon lit !


Mais qu'est ce chant
voix d'un survenant ?
Mais non ! Mais si ! Cui-cui !
Ils ne sont pas tous partis ?


Ah! Mais il y a encore de la vie?
Peut-être est-ce moi qui " rabougris " ?
S'ils bruient , je puis !
Cui, cui, cui !


L' instant qui chante...


C'est la neige qui commence à tomber
les enfants qui la " languent " à satiété
les bottes aux pieds, un glaçon sous le nez.
c'est l'été en joues de rouges badigeonnées


L' instant qui chante...


C'est encore savourer ce baiser
de toi qui vient de se lever
et contre moi, ton viel oreiller
vient te blottir pour me réchauffer.


Éloix 11/03



Souvenirs



Souvenir de la maison blanche
Jours bleus de mon enfance
Doux rêves et insouciance
Tendre éveil de mes sens

Entourée de champs de blés
Prenant la couleur des étés
Elle se dressait fièrement
La maison de mes parents

Égayée de chant d'oiseaux
Dans un concerto si beau
Berceau de ma jeunesse
Bordé de tendresse

Les années sont passées
Les rêves se sont envolés
Il ne reste que la mémoire
De ce tableau plein d'espoir

Vivre intensément le présent
Apprécier chaque instant
Car chemin vers le bonheur
Ne se parcourt pas sans heurts

©Jacques Dognez

07.11.2003




L'INSTANT QUI CHANTE

L'INSTANT flottait, très pur, comme une onde qui CHANTE
QUI plane et qui palpite, au ciel, pourquoi ? Pour QUI ?
CHANTE donc bel oiseau ! Profite de l'INSTANT !


Robert Bonnefoy©
7 novembre 2003




Ma Vieille Maison




Cette maison dans la broussaille,
Un rouge toit sous la grisaille,
Visage triste et délaissé,
Déplore son lointain passé.


Je me souviens de mon enfance,
Elle était pleine d’élégance,
Je vois encor ses beaux jardins,
Avec ses roses, ses jasmins.


Hélas, le temps et la distance,
Et ma coupable négligence,
Ont délaissé le vieux logis,
Ce lieu de charme où je naquis.


Oh, souvenirs de ma jeunesse,
De jeux, de larmes, d’allégresse,
Ce patrimoine qui n’est plus,
Qu’un lointain souvenir diffus.


Pour moi c’est un pèlerinage,
De revenir au vieux village,
Et de passer quelques instants,
Entre les bras des bons vieux temps.


Cette maison de mon enfance,
A grand besoin de maintenance,
Mais il me manque les moyens,
De lui fournir des entretiens.


Ici s’arrête mon histoire,
Où je dépose ma mémoire,
Ce vieux foyer de mon passé,
Restera triste et délaissé.


Christian Cally©
10 Novembre 2003






Oeuvre de Arlette Paradis©



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