(Stéphane Meireles est un talentueux poète qui publie
des poèmes sur différents site poétique, il a accepté de répondre à
l'interview, envoyé le 27/02/03)
1 - Depuis combien de temps baignez-vous dans la poésie ? Racontez-nous ...
J'ai des souvenirs de Poésie au lycée mais j'écris que depuis un peu moins de deux ans.
Je peux dire que j'ai "rêvé l'écriture" mais je n'osais pas verser l'encre de mon âme sur la feuille pâle.
Une rencontre avec une amie talentueuse a donné naissance à un premier poème puis le désir, la
confiance ont fait le reste. J'ai écrit environ 150 poèmes en un peu plus d'un an, une poésie très libérée !
Depuis quelques mois, j'ai choisi le style classique, en particulier ses formes
fixes (rondeau, pantoum, terza rima, sonnet...) pour donner plus de force, d'amplitude à mes sentiments.
2 - Que représente pour vous la poésie, qu'y recherchez vous ?
La poésie est la voie du sentiment, du rêve. C'est un univers, un instant de beauté fragile, une musique enivrante.
Mes premiers écrits étaient cathartiques. J'écrivais beaucoup pour me libérer de certaines souffrances.
Maintenant, je laisse mûrir mes pensées, j'attends parfois plusieurs jours avant de prendre ma plume.
Je suis en quête d'un style, d'une musique et la forme classique m'offre un squelette technique pour
transcender mes sentiments. La technique maîtrisée doit s'oublier ! Je me sens comme un apprenti au service de
son art. La Poésie est une maîtresse que je veux toujours honorer. Je n'aime pas les exercices imposés, mon écriture est
le reflet, la photographie de mon âme à un moment précis de mon existence.
3 - A quel genre de littérature, d'artiste (s), vous identifiez vous ?
Je ne m'identifie pas un artiste en particulier mais j'avoue mon attrait pour les poètes Romantiques.
Je me nourris d'influences artistiques très hétéroclites. J'ai surtout beaucoup à apprendre, à découvrir.
4 - Quels sont les artistes, poètes, ou autre, qui vous ont le plus touché ?
J'aime l'oeuvre de Baudelaire et P. Neruda mais aussi les ouvrages de E. Monod,
H. Hesse, P. Coelho, A. Camus. Je lis aussi les auteurs présents sur les sites de poésie, les
oeuvres poétiques de tous les siècles et de continents différents(Asie, Afrique du Nord).
Je m'intéresse à l'histoire, la psychologie, la sociologie, la spiritualité, la philosophie.
5 - Quelles sont les autres passions "artistiques" qui vous animent ?
La musique classique (Mozart, Bach...), moderne ( Brel, Brassens, Noir Désir )et plus récemment les bandes originales de films nourrissent mon inspiration. Le cinéma et plus précisément les oeuvres asiatiques qui font naître en moi des images sensuelles.
La peinture, Renaissance Italienne, impressionnisme, surréalisme, la sculpture sustentent mon âme.
La Nature, oeuvre suprême, élève mes sentiments. Mes attirances son multiples, décalées, paradoxales, elles trouvent une unité en moi, réveillent
ma créativité.
6 - Pouvez vous dire, ou plutôt déclamer, en quelques mots, quelques vers, ce qui pourrait vous représenter, être le symbole de l'essence de votre âme, de vos oeuvres, de votre idéal (si c'est une chanson, vous pouvez nous donner le titre) ?
C'est très difficile de définir l'essence de son être,
l'inconscient est très présent dans la création poétique. Mon âme est un mélange d'onirisme,
de spiritualité, de sensualité. La poésie me permet de grandir, elle est une des
voies de mon évolution personnelle. Elle est initiatique ! Elle me demande de l'abnégation, de la patience, de la sagesse, du sentiment, de la technique.
Elle est ma vie, une vie d'errance, de quête... Ce poème traduit un peu ce que je suis, je suis encore un mystère ! Mes proches pourraient certainement mieux définir mon essence.
Parfois, plus on est proche d'une chose moins on la voit, j'ai besoin de prendre de la distance. Dans quelques années, je
pourrais peut-être répondre avec plus de précision à cette question. Je peux citer cette phrase d'A. Desjardins "J'erre assoiffé sur les routes du monde et la cruche est pleine dans ma demeure".
Errance (Sonnet alterné)
De l’océan le cri, ce vent de Poésie,
Dans mon grand sac de cuir aux lueurs d’un falot,
J’ai mis rimes, beaux vers d’amour, brins d’angelot.
J’ai pris ma plume blanche et l’encre fantaisie.
Ma voie était au ciel, ma passion aux yeux,
Je chantais mon étoile et la candeur des Dieux.
Nu rimait le poète, un désir couvrait l’Etre.
Je pleurais mes combats, flattais mon hérésie.
J’étais comme un marin, l’âme ancrée au calot,
La marée à mon cœur, les pleurs du caboulot
Réveillaient mes ardeurs, brillait ma courtoisie.
Mes pieds cognaient le sol, roulis dans mon cerveau,
Je voyageais du bord et voyais mon caveau,
Des fleurs parfumaient l’eau, flottait le corps d’un hêtre….
© Stéphane, le 12 janvier 2003
7 - Avez-vous envie d'ajouter quelque chose que vous n'avez pas dit dans vos réponses, et qui n'a pas été évoqué dans les questions ?
Avec plaisir, ce n'est pas chose facile de répondre à ces questions car je suis pudique. La poésie me permet d'exprimer mes sentiments
sous le voile de vers. Merci de m'avoir solliciter Pascal, j'apprends à mieux me connaître ainsi !
Je souhaite également dire que je ne suis rien sans ma muse, c'est elle qui "me donne l'envie d'avoir envie",ma famille et mes ami(e)s.
© Stéphane Meireles
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Une
page
Il était une fois une page du Livre qui passait son temps à lire les phrases de sa vie. Une vie remplie des mots de la Vérité ! Elle était heureuse de ses phrases qui était sa seule raison de vivre, son énergie.
Un jour, elle remarqua qui lui manquait une virgule. Une petite virgule placée devant le gentil pronom personnel : je. Sa phrase habituelle ne changeait pas dans le ton, bien que l'envolée de la respiration soit différente, elle restait compréhensible. Les jours suivants, la page du Livre s'aperçut qu'un point d'exclamation, qu'un point virgule, que trois points d'interrogations avaient mystérieusement disparu ! Intriguée, elle alla demander à sa voisine la page cent cinquante-six, s 'y elle était dans le même état qu'elle. Cette page lui répondit que non, que tout allé bien pour elle. La page cent cinquante-huit était également dans une forme très expressive et aucun problème de ce genre ne l’affectait.
La page du Livre se demanda ce qu'il pouvait bien lui arriver d'extraordinaire ! Elle se décida d'aller frapper à la porte du redoutable INDEX. Celui ci de son oeil Indexé lui donna la parole pour deux phrases maximum.
« ¾ Vous êtes ainsi dans la pénible situation de perdre votre ponctuation ? dit-il le front plissé.
¾ C'est cela même, répondit timidement la page du Livre. »
L'INDEX la regarda dans le tréfonds de ses mots et lui dit :
« ¾ Je vois le mal dont vous êtes atteinte. Il y a trop d'yeux qui vous ont absorbés la quintessence de vos mots et votre ponctuation quitte les phrases avant qu'elles ne soient elles mêmes dans la pénible situation de disparaître à jamais.
¾ Mais où sont-elles ?
¾ Elles sont dans votre filigrane, mon enfant.
¾ Que puis-je faire ?
¾ Rien, mais je peux vous aider !
¾ Quelles sont les conditions ?
¾ Il n'y a pas de conditions, je fais parti de votre vie. Je vais simplement changer l'intituler de votre Page dans mon Index et ainsi plus aucun lecteur aventureux de la recherche de la Vérité ne viendra détruire votre âtre de paix ! »
C'est ainsi que la page du Livre retrouva sa virgule, son point d’exclamation, son point virgule et ses trois points d’interrogations.
©Max-Louis
MARCETTEAU 2002
http://perso.wanadoo.fr/histoirescourtes/histoirescourtes/
Une
quête...
Elles
attendaient depuis plusieurs journées,
Le bon moment pour se dévoiler...
Tapis dans l'ombre, elles étaient en songe,
Se nourrissaient de quelques traits de lumière,
Convoitaient l'envol des cieux par sens,
Se débattaient contre ce qui ronge,
Mine, des flux parfois amer
Comme un vent qui éloigne souvenance.
Elles attendaient depuis plusieurs nuitée,
Le bon moment pour de leur antre s'élever...
Ne sachant trop où sont les barreaux,
Les murs, où trouver la douceur nécessaire
A leur être, tel des chenilles pour aller haut,
Elles concoctaient la soie, se pavanaient à l'éther,
Pour avec leurs ailes, gagner le soleil, la lune,
Qu'elles gravaient, convoitaient ardemment,
Dans l'air, ondulant comme si elles étaient au dune.
Elles se savaient proche du bout du tunnel
Céleste, se dépatouillant avec cocon, déployant ailes...
Elles voulaient décrocher leur lune, faire coucou
Aux étoiles, s'étendre dans les creux d'un univers,
Voler, voler à travers l'espace/temps, faire des remous,
Etablir même leurs lois, elles , si fragiles, le sachant même,
Mais c'était leur vie, leur quête... leur histoire, par vers
Par prose, formée par plume, qu'en leur nom encre verse.
C'est alors que des traits de lumière partirent des germes,
Graines de rêve, de toute part, vers tout et nul part...
Une tape dans le dos les ramène dans le sens inverse,
En écume d'autre, je n'ai pour autant quitté mon phare,
Mes images... ma plume est toujours là bas, dans l'ailleurs,
J'y retournerai en suivant, elles, pensées guidées par coeur...
© P.L
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