Conte à suivre
(du
rififi sur l'or des passages)
Elinoé se sent maintenant flotter aux frontières atmosphérique de la planète. Il ne sait trop comme il est arrivé là. Peut être des pouvoirs qu'il a en sa possession, des pouvoirs enfouis et qui ont émergés suite à sa plongée dans les eaux ? Il y a comme un mur noir qui se forme devant lui, un mur qui le repousse. Puis il perçoit des giclées de particules. D'un battement de cil, il se déplace à un autre endroit de la planète. Il se rapproche d'une bâtisse ovale. C'est de là qu'il lui semble s'émaner le flux. Il lève la tête. Il n'y a plus une once d'écrin d'or qui arrive, il n'y a plus d'arcs-en-ciel qui se forment, juste des vents violents au loin. Contre sa volonté, c'est du moins ce qu'il lui semble, il se déplace, très vite. Il se retrouve presque au pole opposé, où une petite aspérité persiste. Elle commence à se boucher avec l'accroissement de l'épaisseur du manteau noir. Est il d'ailleurs noir dans le sens propre du terme ? Il n'ose toucher. Une toute petite étincelle persiste, puis... plus rien. Mais une forme de lumière étrange a eu le temps de passer. Non, ce n'est pas de la lumière, elle l'aspire sur son passage. Elinoé se sent attirer vers cette bestiole néantesque. Il ferme les yeux...
Janousse : "Elinoé ? Elinoé ? Tu es encor au lit à cette heure ?"
Elinoé rouvrit les yeux. Evidement, ce n'était qu'un mauvais rêve. Les volets de sa chambre étaient entrouverts. Il avait du mal à se défaire d'une étrange impression. Il secoua un peu la tête, passa ses mains sur son visage, ses cheveux. Il s'adossa au mur, puis il tourna la tête vers Janousse.
Elinoé : "Je... nous avons beaucoup discuté, nous n'avions pas vu l'heure."
Janousse : "Tu as manqué une étonnante éclipse... plus aucune lueur...
Ni même de trace d'autres astres dans les cieux... tout noir était devenu,
Un phénomène rare, que nos ancêtres ont toujours eu du mal à expliquer."
Elinoé : "Oh... je... j'avais oublié... mais c'est étrange, j'en ai rêvé, des nues
Je me suis sentit tomber à un moment donné, et puis, une invasion
D'un phénomène inconnu, qui absorbait tout lumineuse création."
Janousse : "Etrange. Inquiétant même.... mais lève toi maintenant !"
Janousse quitta la chambre. Ces dernières révélations troublèrent Elinoé. Il se leva, ouvrit grand les volets. La fleur de feu commençait à s'assoupir. Que pouvait il faire ? Y avait-il quelque chose à faire ? Il fit le vide en lui. Il regarda en direction de la cabane où il lui sembla apercevoir des silhouettes. Ses amis ! Il avait envie de les voir, leur demander si ils avaient vu le phénomène. Il s'habilla, en vitesse passa dans le salon pour voir quand est-ce qu'ils allaient manger. Vercien était en train d'apprendre à Crinfond l'échec d'or (une variante de notre bon vieux jeu d'échec, mais avec des pièces/cases jouant sur plusieurs couleurs, sur de la création de lumière magique, ou une absence de lumière).
Vercien : "Ah, enfin te voilà... si tu sors, ce ne sera pas pour longtemps"
Elinoé : "Oui, Papri, c'est justement ce que j'allais demander."
Vercien : "Dans moins d'une 40 ène d'arcs-en-ciel nous devrions manger."
Elinoé acquiesça puis partit en trombe, sans trop faire attention à ses cheveux ébouriffés. Lorsqu'il se retrouva dehors, cela lui fit tout bizarre de réaliser qu'il se levait à peine au moment où tout s'assombrissait. Au loin, prêt de l'arbre il vit arriver Emmanie, toute guillerette. Il pressa le pas.
Emmanie : "Bonjour Elinoé ! Tu as bien pu te reposer ?
Je me suis levée il y a peu... peut être un peu trop dormie.
J'ai hésité, mais je me suis dit que je pouvais passer ?"
Elinoé : "Oui, tu as bien fait. Moi aussi je viens à peine..."
Crirome : "Emmanie ? Elinoé ? Enfin vous vlà, du souci
On se faisait presque. Vous avez dû en avoir pour votre peine."
Elinoé, laissa Emmanie grimper la première. A sa grande surprise, et très impressionné, il vit celle-ci, se concentrer quelques instants, puis léviter pour s'agripper à un mètre du tronc. En posant ses mains sur l'écorce du tronc, en commençant à s'y appuyer, il réalisa qu'il manquait encore de force, que le périple de la veille avait laissé quelques séquelles temporaires. Il s'arrêta, leva la tête, et vit Milonie se balancer sur ses pieds sur le bord de la cabane, la tête baisser vers lui.
Milonie parlant fort : "Et bien ? Tu vas pas rester pour dans l'arbre te fondre,
A moins que tu écrives quelques vers pour un poème nous pondre ?"
Elinoé : "J'inventerai un jour un sort pour te noyer sous l'encre des mots
Qui sortira de mes pages... enfin, pour te submerger par leurs bleues eaux"
Milonie rigolant : "Oui, c'est cela, nous en reparlerons quand du feu
Tu seras faire, pour l'instant, je me contenterai des étendues bleues."
Elinoé rassembla ses forces intérieures, serra les dents pour oublier la douleur, et vaincu tant bien que mal, décimètre par décimètre, les lois de la gravité. Il arriva tout en sueur sur le plancher, au bout d'une bonne 15 ène de minutes. Le voile de la nuit était déjà bien installé. Milonie l'attendait toujours, elle s'apprêtait à lui faire une réflexion taquine, quand elle vit son visage crispé. Elle alla chercher une bouteille d'eau qu'elle lui tendit.
Elinoé prenant la bouteille : "Merci... je crois que toutes mes forces j'ai pas encore récupéré ,
Toi par contre, tu sembles en être emplies, à tout faire explosé"
Milonie s'avançant vers la porte : "En plus, tu parles un peu plus bizarrement que d'habitude,
Hem, vi, bon, moi, non, je reste debout, et en béatitude
Je m'agite, mais je n'ai point dormi, et suis au bord de tomber."
Elinoé, après avoir bu une gorgée : "Oh... ah, tu as donc pu voir ce qui est arrivé ?
(se tournant vers les autres) Et vous ? Avez vous vu la disparition de la lumière ?
J'en ai fait un drôle de rêve avant de me réveiller."
Inadie : "Elinoé, viens par là que j'essaye de t'envoyer
Des ondes qui devraient te remettre d'aplomb".
Milonie : "Ils se sont tous plus ou moins réveiller
Après la fin. Mais pour te décrire la noire création,
Il suffit de penser à une marée dévorante de couleurs,
Qui petit à petit très haut s'est développée, les fleurs
Célestes ne dévoilant même pas. Puis tout est redevenu..."
Elinoé : "De quelle direction semblait être la source ?"
Milonie : "Elle semblait venir de toutes les directions,
Les arc-en-ciel des quatre coins, avaient fondu
Presque en même temps... j'en ai eu le frisson."
Elinoé soucieux : "Hmmm, dans mon rêve, ce phénomène a été mis en place
Pour repousser un mal, faisant l'effet d'une glace,
Mais... quelques chose a réussit à passer à travers..."
Crirome : "J'ai entendu dire que la marée était bénéfique,
Mais de ton histoire, il faudra partager à nos pairs,
Que nos sens ne tombent pas en suppliques." Elinoé acquiesça. Il se mis prêt d'Inadie qui apposa ses mains sur sa tête. Les autres commencèrent à reparler de ce qui s'était passé la veille, tout en jouant avec des petits bonhommes qui bougeaient au grès de leur volonté. Dans le village, les torches commencèrent à s'allumer, les lueurs pâles frétillaient dans l'air, l'air était chargé de l'odeur des mets qui avivaient les papilles. Il était temps pour les uns et les autres de rentrer.
Inadie : "Vous savez, si nous faisons une nuit blanche,
Pour pouvoir faire comme Milonie, nous devrions
Retrouver un rythme plus facilement de vie..."
Emmanie : "C'est vraie, mais pour être franche,
Je crois que j'aurai pas besoin, la pression
Mes paupières font un peu dans la nuit"
Crirome un peu désolé : "Inadie, notre Papri et Munam voulaient que nous rentrions
Pour ne point ressortir pour aujourd'hui... la vision
De les désobéir me déplait, surtout que je suis un peu éreinté aussi"
Milonie : "Faites comme vous le sentez, Pour ma part, je vais rester ici
Encore un peu, je me sens bien dans cette nuit."
Elinoé : "Je me sens maintenant presque aussi frais
Qu'un gradou frétillant dans la rivière.
Je pense que très vite je reviendrais,
J'amènerai un petit jeu, pour le temps passer."
Elinoé remercia Inadie. Milonie sourit, Crirome résonna sa soeur. Emmanie entendant une voix qui l'appelait de sa maison, leur donna congé. La fraîcheur commençait à se faire ressentir en leur chair. Ils la suivirent aussitôt, hormis Milonie qui resta à regarder le ciel presque totalement dégagé. Mais comme promis, après avoir rassasié ses papilles, après avoir pris un bout de gâteau, le jeu d'échec d'or, Elinoé revint en haut de la cabane. Il grimpa cette fois-ci sans aucune difficulté. Milonie assise au bord, rêvassait et ne l'entendit pas mettre pieds sur la planche. Il se posa à ses côtés.
Elinoé : "Milonie ? Tu tiens encore le coup ? Si tu as faim
J'ai amené de quoi te rassasier... (fouillant dans son sachet, puis sortant une part) tiens..."
Milonie : "C'est gentil Elinoé, je me suis presque endormie, envoûtée
Par l'atmosphère, les effluves de l'étendue noir, et de la Caritanée.
J'y voyais des sortes de créatures s'y déplacer, et arroser
La vie, insuffler leur rêve traversant l'infini des temps."
Elinoé souriant : "Tu sais, tu devrais écrire des poèmes toi... nous pourrions
Même écrire à deux, des histoires, partager nos créations..."
Milonie répondit par un "Hmmm" puis posa sa tête sur l'épaule de son ami. Elle dégusta ce qu'il lui avait amener, puis fermis les yeux.
Elinoé n'osant pas trop bougé, murmurant : "Dit, tu veux que nous nous tentions une partie de...
Milonie ? Oh ... tu dors ? Il ne faudrait pas que tu t'endormes ici,
Chez toi t'attend tes parent et un bon et chaud lit...
Milonie ? Tu veux que je fasse un peu de feu ?"
Elinoé eu le droit à un autre "Hmmm". Elle finit par bel et bien s'endormir sur l'épaule de ce dernier. Ils étaient là, devant leurs maisons, la Caritanée, sous l'univers qui leur offrait une partie de ses apparences. Notre jeune oripoète ne sentait plus les couteaux gelés, et se laissa griser par cette accumulation de beautés. Il resta ainsi éveillé un bon nombres d'arc-en-ciel naissant dans le noir de la nuit, à l'horizon. Puis lui aussi s'assoupi peu à peu. Se sentant vaciller, par peur de tomber de l'arbre, il prit Milonie dans ses bras, l'allongea à l'intérieur de la cabane, où il éveilla le feu des lanternes. D'un dernier geste il mit un habit chaud sur les épaules et les jambes de Milonie, avant de s'allonger à ses côtés.
© P.L
(A suivre...)
|