La Libre
N° 21 - Journal en fond poétique

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- La muse
- Annonces
- Jeu d'écrits
- Ouliporimes en trident
- Poème en langue étrangère

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- Poèmes à l'air du temps
- Pensées de Pierrot en Février
- Citations
- Poème récité
-
Conte à suivre

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- Poèmes d'auteurs à l'affiche
- Poèmes sur l'amour
- Nouvelle / conte

Page 4

- La nuit
- Le petit pinson et le FA
- L'enfant joyeux
- Le petit sapin


Fée d'hiver

A travers les arceaux de givre
Au clair du jour, à l’ombre de la grande,
Passent les plumes des anges ivres,
Pour forger une immaculée lande.
S’y promène au ras des fées,
Elles font tinter leur clochette,
Avivent le sol, figent le lieu enchanté,
La symphonie hivernale se fait fluette.

Une sorcière tapie dans l’ombre,
Attend la fin, le passage du dé filé
De nature tissé dans/par les fées,
Pour sortir de ses décombres,
Un amoncellement de poussières
D’étoiles déchues, des astres refoulés.

La drôle de créature, la sorcière
D’apparence charnelle, au crochu nez,
S’est installée dans la lie sous jacente,
Aimant suivre les feuilles mortes,
Et surtout pour fuir la cohorte
Féerique des nuées ardentes.

Chaque année, la même ritournelle :
Tel un stalagmite, tenter de détruire
Les vœux des saisons, pousser au fiel
Les aventuriers du gel, la faux en mire.
Au mauvais endroit, un imprudent chasseur
Se pointant avec son canon pour siège,
Va être ainsi de la vilenie pris au piège,
Un plan pour faire rendre l’âme à une fleur.

En effet, la sorcière, jalouse des atours
Jusqu’au tréfonds, cristal de l’âme
Ne cesse de, les astres du jour,
Vouloir exterminer, à la dernière flamme.
Dans l’ombre de l’ombre, elle s’insinue
Donc, par les pieds, jusqu’au cœur,
Prend possession, coule la torpeur,
Au moindre souffle, priant le cornu.
Elle sait que bientôt ici et là, en liesse,
Vont germer les verts soleils
Des mains de la blanche princesse,
Le chasseur a déjà le noir œil.

Alors que semblent être parties les fées,
Elle arrive dans un coin tout ensoleillé,
La princesse dont le murmure sème la vie,
Un tapis de bourgeons l’amène, la conduit.
Damoclès bouge, la met bien en joue,
Et… se retient, des humains passent avec le flou.

Il pleut des bouts d’astres sur les toits de la terre,
Les drus frissonnent, la sève au ralenti,
Les passeurs marchent entre, au clair,
S’amenuise l’hivernale symphonie.

La sorcière puise, épuise toute son énergie,
Pour faire mouvoir sa proie, cohorte partie,
Le pantin est à un cran de la mouche,
Son doigt glisse, le givre enfourche,
L’aura de la blanche mange les recoins,
Le mal d’être à découvert est sur le point.

La sorcière puise, épuise toute son énergie,
Pour faire feu et gagner sa dernière partie,
Mais une fée à la charge de la princesse,
Etait restée dans un coin, et sentant l’oppresse,
Fige le mécanisme, renvoie la forfaiture
A soi, ses limbes, son néant, panse la déchirure…
Par solidarité avec la voix du printemps,
Une fée d’hiver a sauvé Gaia et son sang.

Pascal LAMACHERE

 

Nuit animée

Peu
à peu,
le jour

s’éclipse
à pas feutrés.
Soudain, la lune
prend possession du

ciel lumineux. En toute liberté,
elle danse fébrilement ses premiers
pas autour des étoiles innombrables
qui scintillent au loin. Puis tout
près de moi, plein d’aisance,
elle se trémousse entre
rêves et mystères,
entre draps et
corps, entre
silence et
cris de
pas-
sion.

FREYTAG Sylvie

 

Sur les carnets secrets

Sur les carnets secrets de l’errance,
Sur mes carnets de routes, vestiges d’enfance,
J’écris à l’encre rouge,
A l’encre rouge, à la couleur du sang.
Sur le papier couché
Ma plume glisse, crisse ou s’écorche
Aux rythmes des mots trébuchants,
Encre rouge larme, qu’aucun buvard n’assèche.
Fantaisiste ou inspiratrice…
Pessimiste ou réaliste… Libératrice
Elle m’emporte à la dérive
Vers de lointains récifs,
D’écueils en recueils.
De ces sous entendus aux choses non entendues…
Ces enfants « fissures » qu’on ne voit plus.
Sur les murs blancs de la honte,
Je lis, je lis à l’encre rouge,
Les graffitis sans réponse
Au nom de la déraison.
Ces bouteilles à la mer, 
Prises aux filets des pêcheurs 
Sur lesquels je m’y écorche les mains,
Et où perlent des messages
A l’encre rouge, 
A la couleur du sang.

Planète interdite

 

 

PENSEES DE PIERROT EN Février

Homes couverts d'un tapis blanc,
Ombres, étranges dessous d'argiles,
La neige ensevelit les flancs,
Fantômes d'empreintes fossiles. 

Dessous s'endort avant réveil,
Dessus s'anime au gré du vent.
Pierrot pense à tout ce sommeil,
Le silence est omnipotent.

On dit , en ces instants sublimes
Que le vide n'est qu'apparent.
Du silence au fond des abîmes,
La vie "en soi " est un présent.  


***

Pleine lune à mon horizon
Me fait rêver de toi, de nous.
Mon coeur fredonne une chanson:
Valentin, Valentine, c'est nous!

Tu es venue ce soir quand même,
Je t'ai attendue tout le jour,
Malgré l'hiver et le temps blême,
Me dire: "je t'aimerai toujours".

De loin, j'ai fait venir ces roses,
Je sais très bien que tu les aimes.
Près de moi tu n'es plus morose,
"Espace liberté" de bohême.

***

Les humains n'ont jamais trouvé
Le bonheur parmi les cactus.
La sagesse est bien éprouvée
Par les Troyens et les Virus !

Pierrot préfère la Colombe.
"Faut pas rêver disent les grands".
Vont-ils emporter dans leur tombe
L'Olifant des Preux de Roland ?

Toi, mon Amour, prends la parole.
Crie à tous les soldats en rang
Qu'ils n'iront pas au Capitole
En habit blanc taché de sang !


***

La lumière fait place à la nuit.
Pierrot donne son coeur et sa flamme,
Loin des rumeurs et loin du bruit
Des défilés, des oriflammes. 

Il s'interroge très souvent,
Et rêve d'une paix impossible,
Brise légère chassée au vent
D'un conflit "guerre" inadmissible*. 

Le Père dort comme un bon guerrier
Et se prépare à la bataille...
La mère-veille sur son dernier né.
On entend au loin la mitraille!

P.F

 


Citations

Dans la plupart des amours, il y en a un qui joue et l'autre qui est joué ; Cupidon est avant tout un petit régisseur de théâtre. (Friedrich Nietzsche)
 
II arrive qu'un individu devienne le centre de votre vie, sans que vous ne soyez lié à lui ni par le sang ni par l'amour, mais simplement parce qu'il vous tient la main, vous aide à marcher sur le fil de l'espoir. (Fatou Diome)

L'amour, on y puise toutes nos forces mais on y concentre toutes nos faiblesses (Nicolas Hulot)

L'amour n'a point d'âge; il est toujours naissant (Blaise Pascal)

La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité (Michel Tournier)

On n'apprend pas l'amour. Il existe. On n'apprend pas davantage l'amitié. (Francesco Alberoni)

 

Poème récité

 

 

Si vous avez une chanson "amateur" que vous voulez faire découvrir, un poème récité, envoyez le moi à laplumelibre@free.fr avec les paroles écrites et le fichier audio

 


A la découverte de l'univers

suite et fin du conte commencé au numéro 14

 

Au moment même où Frin enfonce la plaque de fer, une nouvelle explosion retentit, visible de l'extérieur. A "l'intérieur", devenu un gouffre infernal, une ouverture sur le dernier cercle démoniaque, seul le signal radio a pu être transmis, s'échapper. Les corps des éminents membres du conseil, des employés, se sont mélangés aux installations en fusion. En une fraction de seconde, le site est devenu un œuf volcanique. Il ne reste même plus trace de la roche de l’île. Le souffle, la rougeoyante colonne meurtrière retombée, là où il y avait terre, minéraux, et main des noiriens, il ne reste qu’une crêpe mal cuite, où des vagues de feu s’écument, s’entrechoquent avec celles de l’eau, en jets de vapeur.

Un satellite gravitant dans l’océan stellaire faisant face à cette tragédie, vient de transmettre le signal d’activation du super générateur d’ondes électro-magnétiques. Le signal parcourt les airs, passe à travers les nuages, les navettes détournées, avant d’être happé et introduit dans le récepteur radio situé en haut d’un immeuble. Le mécanisme informatique déclenché par ce stimulus rendu au coeur d’un laboratoire sous terrain, actionne un générateur jusque là silencieux. Des turbines vrombissent, des émetteurs se déplient, et les impulsions électro-magnétiques sont diffusées à des milliers de kilomètres à la ronde. Instantanément, les véhicules en mouvement s’arrêtent sans heurt pour la plupart, percutant pour certaines, par mégarde, diverses créatures malheureuses. Les navettes se posent en douceur, les gens en train de courir prennent des poses dignes des statues des sportifs renommés des temps anciens. Seul les machines autonomes poursuivent leur route. Cette scène est reproduite partout ailleurs sur la planète. Partout, excepté dans le centre de nos amis.

Alors qu’Odie explique à Sémie, dans un coin de la grotte, le moyen qu’ils ont trouvé pour traverser des années lumière en l’espace d’une oscillation, Suvao arrive vers eux le souffle coupé. 

Suvao : « Je… c’est horrible. Japsus, tous, dans un tombeau de feu. Une explosion horrible. On ne sait pas comment c’est arrivé, et encore moins comment se sont activés les centres d’emp, peut être était-ce un processus automatique… Toujours est il qu’à leur actuelle la planète est dans un état de chaos figé. Seuls les robots peuvent encore agir. Certains chargés de veiller à l’ordre, emportent des gens, les considérant en infraction suivant leur code. D’ici un jour ou deux, les effets de l’emp devraient s’estomper, puis disparaître totalement, en attendant… c’est… catastrophique. Et je ne vois même pas à qui tout ceci pourra bien profiter… ».

Odie, peinée : « Seul le mal profite au mal… Quand la lumière s’assoupie, les yeux de l’âme deviennent pierre, sommes-nous donc maudits, ô ! Fleur des espoirs ?... Il faudrait interroger ta belle, Suvao…»

Ysev maugréant : « Si tout se passe bien, d’ici une semaine nous pourrons partir d’ici, et trouver la solution… nous allons devoir faire du travail intensif… »

Suvao acquiesce aux paroles de ses comparses. Sur un ton solennel Ysev a exprimé ce qui se passerait, un travail intensif. Suvao ne rebondit par contre pas sur la suggestion d’Odie, préoccupé par autre chose…

Les jours passèrent au cours desquels nul ne se préoccupa plus de ce qui se tramait à l’extérieur. La tête de la navette prit une forme de colombe. Sémie étudiait avec une grande application, voire avec avidité, les différentes sources d’énergie, les transmutations atomiques. Elle avait l’impression d’avoir une inspiration infinie, d’avoir accès à une source intarissable. Le travail ne l’empêchant cependant pas de vivre d’agréables moments de détente. Elle finit par s’intégrer totalement dans cette troupe d’aventuriers du feu de l’univers vivant dans l’ombre de leur planète. Tous l’avaient adoptés, Dragon en premier. Restait le « cocon », la déesse qui l’intriguait, le rôle qu’elle allait jouer dans l’histoire. Elle l’avait vu être placée au centre d’un étrange appareil, au cœur de la navette. Personne n’avait voulu lui en dire plus. Etrangement, après qu’elle fut dans l’appareil, Sémie eu l’impression que ses pensées furent plus prolifiques, et à la fin du 6ème jour, la navette fut en état de fonctionner, les rôles des uns et des autres rôdés, sachant même exactement où aller dans l’univers, comment se désincarner en un point, pour se réincarner sans changement de structures et d’âmes, en un autre point. Tout était chargé dans le cerveau central, prêt à délivrer le meilleur de lui-même le septième jour…

Le jour du départ, Sémie fait ses adieux à la grotte, aux cavités, à la terre, aux ruisseaux, en compagnie de Dragon qui la courtise jusqu’à un baiser furtivement volé au pas de la navette. Tous les autres déjà installés, regardent l’échange avec un grand sourire par le cockpit transparent.

Dragon rentrant dans la navette, tenant Sémie par la main : « Bon, vous avez pas fini de jouer les voyeurs ? »

Sémie : « Mon bon Dragon, ne te fâche pas, ils sont heureux pour nous… »

Suvao, souriant : « Tout à fait… Installez-vous dans vos sièges, nous allons démarrer… »

A ces derniers mots, Suvao triture une manette devant lui. L’illusion holographique du toit s’évapore, en un murmure venteux, le sol se soulève. Chacun à son poste, son écran, vérifie ses capteurs, au cas où il serait nécessaire de palier à une défaillance du cerveau de leur véhicule spatial. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, une sphère de lumière apparut au dessus d’eux, ils s’y engouffrèrent et se retrouvèrent au-delà des limites de l’espace connu, loin des planètes et des trous noirs, à l’interstice entre les dimensions, d’autres univers, dépassant leurs espérances, leurs attentes, leur offrant pour toute surprise de se retrouver face à une porte, une sorte d’arceau forgé dans du cristal. Le vaisseau s’est posé de lui-même, sur une dalle incolore, impalpable. A l’intérieur, tout le monde reste bouche bée, de la déesse dans son cocon, une source éthérée sort, emplit l’air. Suspendu aux fils indolores, leur guide, leur « carte », leur suggère mentalement de la sortir et de la déposer dans un socle qui se trouve dehors, non loin de la porte. Au dessus d’eux, en dessous, sur les côtés, partout, du noir, ou plutôt du vide incolore, un peu comme un aveugle qui ne saurait pas qu’il est aveugle. Ils prennent conscience du phénomène, mais ne paniquent pas et s’exécutent. Dehors, nul besoin de scaphandre, respirent-ils ? Sont- ils toujours en vie ? Eux-mêmes ne peuvent avoir de réponse, et ne se posent guère la question. Seul Suvao ressent une inquiétude vis-à-vis de ce qui va se passer. Sera-t-il à jamais séparé de sa bien aimée ? Celle-ci lui adresse des ondes rassurantes. L’instant d’après c’est à Dragon de s’inquiéter, mais lui n’est point rassuré. Il est demandé en effet à Sémie de s’approcher de la porte et de la traversée, juste après que l’équipage ait été contraint de retourner dans la navette et de remettre les moteurs en marche. Sémie lance un dernier sourire emplit de béatitude à Dragon, avant de s’engouffrer dans le passage qui lui devient un tunnel de lumière. Elle le traverse et a l’impression d’exploser de l’intérieur, de se fondre, de se perdre, de se trouver, de s’offrir et de recevoir, de n’être plus qu’un amoncellement d’énergie incommensurable, devenant à son tour une déesse ? Sa conscience dépasse son entendement et…

Le big-bang fut,
Des quarks, des particules,
Interstellaires, gazeux,
Des nuées, un flux,
Un reflux, des bulles
Enflammée, aux creux,
Aux pleins, aux soulèvements
Des abysses, des élans
Contenant le cœur,
L’essence, les ondulations,
La surface, l’écume,
Le repli, l’ouverture en fleur,
La fin et l’éternité de la création,
Jusqu’à ce que la conscience hume…

L’esprit de Sémie à elle-même, dans une conscience supérieure à sa propre conscience : «Bienvenue chez toi…»

 

Fin du premier cycle

Note explicative : La fin de ce conte est volontairement abscond, chacun y verra ce qu'il veut voir, une origine d'un univers, une renaissance, un renouveau, ou une continuation, une nouvelle aventure qui est à suivre, pour peut être un retour en "arrière", qui sait ? ;D

 

© Pascal LAMACHERE

 

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